Pourquoi les livres de développement personnel ne changent rien ?

Près de la moitié des clients que j’ai le plaisir d’accompagner à titre individuel ou en entreprise me pose cette question. En effet, dans quelle mesure la lecture d’un livre pourrait-elle changer votre vie ? Comment se fait-il que nos librairies ou les rayons des gares ferroviaires regorgent de ces ouvrages … sans que nous ne soyons inondés par ailleurs de gens heureux, bien dans leur peau, auteurs et acteurs de leur existence ?

Ma question reste malheureusement pour eux toujours la même : n’auriez-vous pas confondu deux choses ? Et de préciser, si vous vouliez partir pour la destination de vos rêves, que feriez-vous ? D’aucuns me répondent alors, je vais aller sur Internet pour trouver un billet ; je vais en parler avec mon ami(e) pour trouver ce que nous voulons voir. Fort bien, mais ensuite que faites-vous ? Je pose mes congés au travail ; je fais mes valises. Très bien, mais à quel moment commencez-vous à vous sentir bien. Et là de me répondre : « Lors que je suis dans l’avion, dans ma voiture, dans le train et que nous partons, enfin ! ».

Je peux alors conclure en leur disant, vous venez de comprendre les deux points que vous aviez donc confondus. Ce n’est ni en lisant la carte routière, ni en choisissant vos billets sur Internet que vous avez pris le chemin de vos rêves, mais bien en faisant le premier pas de votre voyage vers votre rêve. Ce n’est donc ni en achetant, ni en lisant les livres de développement personnel que vous allez changer, mais bien en arpentant le chemin de ce changement.

Le développement personnel est un terme trompeur en soi. Derrière cette image de développement, nous parvenons finalement à refuser l’idée sous-jacente que pour nous développer, il nous faut déconstruire ce qui est, pour commencer à construire le nouveau soi. Par l’acceptation de la perte de ce que nous avons acquis par notre expérience, par nos efforts quotidiens et assidus parfois, nous devons accepter de lâcher-prise face à cette situation que nous connaissons pour embrasser avec courage un devenir incertain et inconnu, dans lequel nous projetons souvent bien des espoirs. Des espoirs de changement, ironiquement d’ailleurs, mais de changement positif puisque nous parlons bien de développer notre personne, ce que nous sommes pour un autre meilleur. En ce sens, quelle peur que ce changement ne nous amène pas à la rencontre de cette vision. Surtout, lorsque probablement en sortant de notre zone de confort, nous allons souvent d’abord rencontrer l’erreur ou l’échec. Et c’est bien à ce moment que devra se mobiliser notre volonté et de notre croyance d’un autre possible, pour nous relever et persister sur la voie de notre rêve. Et c’est aussi peut-être ce rêve qui n’étant pas assez grand fini par être perdu de vue en cours de chemin.

En tout état de cause, même si nous parvenons à rêver assez grand, il nous aura fallu faire le premier pas, aussi petit soit-il face à l’immensité et la grandeur de notre rêve. Aussi petit soit-il, il n’en est d’autant moins insignifiant qu’il est la condition sine qua non de notre voyage. Par cet élan créateur, et les autres pas difficiles du voyage, il nous faudra nous adosser sur notre premier allier : la confiance en soi. Cette confiance qui sort de l’intériorité de notre réflexion, de notre lecture, de notre espoir. Elle est l’ingrédient par lequel, nous passons à l’extériorité, à la mise en action, à faire ce premier pas ; la permission de croire en nos capacités et surtout à les mettre en œuvre, car il s’agit là du seul et unique espace de leur réelle expression, de leur réalité profonde. L’intentionalité est cette capacité par laquelle nous transcendons l’idée de notre objectif pour atteindre la mise en action de notre stratégie pour atteindre cette vision, la construire.

En définitive, comme ce blog l’illustre clairement, je n’ai rien contre les ouvrages sur le développement personnel. Mais la meilleure chose que je puisse vous souhaiter est de quitter cette page, de quitter cette virtualité pour rejoindre le seul et unique espace du changement. Je vous souhaite de faire tomber de son pinacle cet aphorisme : « je pense, donc je suis » pour revenir à un statut d’agissant car c’est en forgeant que l’on devient forgeron.

2018-05-02T22:22:33+00:00 2 mai 2018|Non classé|